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TOUS LES VIOLONS DU MONDE

Un film sur une idée originale de Didier Lockwood produit par Fabienne Servan Schreiber et Laurence Miller

Violoniste de jazz reconnu et compositeur très apprécié de la sphère symphonique, Didier LOCKWOOD sillonne le monde depuis trente-cinq ans. Ses rencontres avec les plus grands jazzmen, tels que Stéphane GRAPPELLI, Dave BRUBECK ou encore Miles DAVIS, lui confèrent une reconnaissance internationale.

Sa rencontre avec l’immense violoniste classique Sir Yehudi MENUHIN va le mener à entreprendre le film « Tous les Violons du Monde ». Avant de disparaître, Sir MENUHIN avait confié à Didier LOCKWOOD sa passion et son admiration pour les violonistes improvisateurs de jazz et de musiques traditionnelles ainsi que son projet de relier les cultures et traditions violonistiques par la réalisation d’un documentaire. Cette confidence du maître n'a jamais quitté Didier LOCKWOOD; aujourd'hui il décide de donner vie à ce sublime projet.

Des modules documentaires à vocation scientifique (ethnomusicologie) seront réalisés par le Dr Romain-Philippe POMEDIO, enseignant chercheur universitaire, spécialiste de la communication extra verbale.

LE CONCEPT DES « VIOLONS DU MONDE »

Lorsque j’ai joué pour la première fois du violon, disait Yehudi Menuhin, je ne pensais qu’à une chose, j’étais animé d’une seule urgence : quand serai-je capable de vibrer ? Cette idée a guidé mes pas dans la conquête de l’harmonie, sous la forme de cet accord profond et constant qui unit l’homme et son violon et par là même, qui le relie aux autres hommes et le rapproche du monde.

On ne prête qu’aux riches ! « Instrument du diable », raconte-t-on, lors des concerts de Paganini, certains croyaient distinguer des odeurs de souffre monter à travers la salle. Le violon est aussi un objet de désir comparable au corps d’une femme, un objet dont le violoniste serait capable d’arracher des gémissements évoquant la jouissance et l’orgasme !

Exagération née d’un enthousiasme débordant ou réalité ?

Sans doute est-ce dû au puissant pouvoir émotionnel qui se dégage de sessonorités et fait de lui l’instrument qui s’apparente le plus à la voix humaine. Le violon, en effet, nous fait rire, danser, pleurer. Il exalte, attriste, apaise. Mais plus encore, il évoque la voix de la femme – couvrant tous les registres de soprano et de contralto – la voix qui enchante ou celle de la mère qui berce son enfant.

Pour Yehudi Menuhin, la voix du violon était si riche qu’elle « excédait largement l’échange des signes du langage parlé. Les nuances, écrivait-il, les inflexions, les subtilités qui naissent entre ces quatre cordes sont aussi nombreuses que les gouttes d’eau dans l’océan. »

Le violon se prête ainsi à toutes les métamorphoses, à toutes les facettes des émotions humaines. Cette alchimie étrange n’est pas, on s’en doute, sans affecter le musicien lui-même. Souvent, son apprentissage commence dès le plus jeune âge. Le port de l’instrument sur l’épaule, le travail à main levée, la concentration et la sensibilité d’écoute qu’exige l’exécution d’une partition, demandent une énergie considérable. Le violoniste fait corps avec son instrument, il en épouse la forme autant que les sonorités. D’où la relation presque charnelle qu’il entretient avec son violon. Il ne s’agit pas seulement pour lui de jouer, mais de descendre à l’intérieur de l’être, de s’ouvrir à sa profondeur.

Un poète allemand a dit du violon qu’il est « l'instrument des tempéraments humains par excellence », qu’il exprime « la conscience du violoniste, révèle les secrets de ses sentiments, arrivant à traduire de manière aussi claire que parfaite ses moindres penchants et ses émotions les plus subtiles. Mis sur la poitrine du musicien au moment de l'interprétation, l'instrument arrive à transporter sur ses cordes les battements de son coeur ! ».

Les termes de « dévotion », voire de « mystique », ne semblent pas ici déplacés. Le violoniste, pour devenir mieux qu’un brillant exécutant, doit vibrer à l’unisson de son instrument. Ne plus penser à la technique, la dépasser pour retrouver une spontanéité plus riche, se laisser jouer plutôt que jouer. L’apprentissage du violon est aussi délicat que celui de la vie. Il ne s’agit en aucun cas d’une confrontation. Le violoniste ne se bat pas avec son violon, il cherche à s’accorder à lui, humblement, à en exprimer toute la richesse sans faire intervenir sa volonté personnelle.

Le violoniste tend vers le vide intérieur. Car, c’est le silence qui permet le jaillissement du son, la vibration, l’harmonie. Le silence crée l’espace permettant aux sons de résonner. Or, le violon, à l’exception de cette petite pièce de bois cylindrique qu’on appelle l’âme, est vide en son for intérieur. Quatre cordes accordées en quinte font à elle seule chanter ce vide enclos dans quelques pièces de bois. Chacune de ces quatre cordes évoque un registre de la voix humaine.

L’instrument lui-même est donc un mystère. Que se cache-t-il à l’intérieur ?

De chaque voix nait un violon, de chaque souffle son archet. Impossible de les dissocier.

Ce film, « Les violons du monde » exprimera donc cette quête initiatique, mystique, que poursuit, consciemment ou inconsciemment, chaque interprète. A travers sa pratique, le violoniste développe ainsi des qualités fondamentales pour quiconque, musicien ou non, veut appréhender, au coeur même de la vie, une réalité plus riche : créativité, humilité, patience, maîtrise, écoute, ouverture aux autres, partage, sens du toucher, sens du rythme, du goût, perception du langage musical dont la gamme sera toujours plus vaste que celle du langage articulé.

Le violon ignore frontières et obstacles, unifie sans perdre de sa riche diversité. Car, comme le disait Yehudi Menuhin, « la sonorité d’un instrument reflète la couleur d’une langue ; elle est à l’image du paysage sonore dans lequel un peuple évolue. Certaines langues sont riches en voyelles, d’autres en consonnes. Certaines se parlent dans le fond de la gorge, d’autres sont nasales. Et chaque fois, les différents instruments se modèlent sur l’esthétique sonore qui les a engendrés, ils sont l’un des visages que prend la communication entre les hommes. »

Si les Italiens ont inventé le bel canto et le violon tel que nous le connaissons, les Chinois ont adapté la conception de leurs instruments de musique à leur très grande flexibilité vocale. La caisse de résonnance du violon chinois peut être cylindrique, hexagonale ou octogonale. Tout comme le sarangi indien, au moyen de trois ou quatre cordes auxquelles s’ajoutent de nombreuses cordes sympathiques de métal, recèle un pouvoir d’évocation différent et un registre propre à dérouter une oreille occidentale. Le violon, pour les Indiens - plus que tout autre instrument – leur permet de s’accorder aux innombrables gammes d’une musique complexe. Chez les Tsiganes, il permet d’exprimer l’âme nomade d’un peuple singulier, épris de liberté et d’absolu, son amour de la nature et de traditions transmises au fil des siècles, des voyages, des rencontres.

Chaque peuple exprime son âme à travers sa musique. Le violon, lui, est une représentation de chaque identité culturelle vocale.

Le film, en allant à la rencontre des grandes traditions violonistiques du monde et de ses représentants, exprimera cette identité tout en la reliant à ce qu’il y a de plus universel dans la musique des cordes frottées.

Du nord au sud, ces traditions vont donc se croiser, fusionner, parfois même se heurter dans leur diversité, à la recherche d’un chant universel. De l’Europe à l’inde, de l’Afrique aux Balkans, de la Chine à l’Ecosse, violons et voix humaines s’uniront pour rendre un hommage vibrant à la musique, à la vie.

Le violon et son archet, comme trait d’union entre les peuples, un retour aux sources communes de l’humanité, là où s’apaisent les conflits et où émerge une fraternité qui défie les communautarismes en respectant les communautés. Non pas la tour de Babel du langage qui divise les hommes, mais le pouvoir de la vibration musicale et vocale qui abat les murs de Jéricho.

La symbolique du film mettra en valeur la richesse infinie que les hommes peuvent déployer à travers la pratique d’un instrument de musique, de quels trésors d’inventivité ils font preuve pour transformer quelques morceaux de bois agrémentés de cordes en un miracle d’harmonie leur permettant de raconter des histoires qu’aucun mot ne saurait décrire avec autant de justesse et d’émotion.

Mais, c’est au fil des rencontres avec nos musiciens, que le film s’attachera à exprimer le concept qui est à l’origine de cette aventure : le violon est une école de vie, une école de fraternité, qui dépasse toutes les frontières et unit l’âme de chaque peuple, de chaque homme, à travers ce qu’il y a de plus profond mais aussi d’informulable par une voie autre que celle de la musique.

Tous les Violons du Monde © 2014